La voilà réhabilitée par la musique
Elle retrouve enfin une légitimité dans le rôle qui lui convient le mieux: chanteuse. «Blackout», son nouvel album, va faire du bruit!
Karine Vouillamoz - 20/10/2007 Le Matin Dimanche
On n'aura jamais autant parlé de Britney Spears que depuis qu'elle a pété les plombs. Entre l'épisode sans culotte, le divorce houleux, la garde des enfants et le crâne tondu, on aurait presque oublié que Britney Spears est d'abord et avant tout une chanteuse.
A tous ceux qui la disaient finie, rattrapée par sa vie sombre, la star offre la plus belle des réponses: «Blackout», son très bon nouvel album, attendu dans les bacs à disques le 26 octobre prochain.
«Gimme More», single béton Après quatre ans d'absence discographique, il était temps que Britney retrouve le bon chemin, soit celui des studios. Prévue pour la mi-novembre, la sortie de «Black-out» a été avancée de trois semaines, la faute à des petits rigolos qui ont eu l'idée de mettre des versions non terminées en libre circulation sur le Net.
Un album piraté plus d'un mois avant sa sortie? C'est plutôt bon signe, la preuve qu'il est archi-attendu. A la sortie du premier single, «Gimme More», Britney Spears avait déjà fait taire les mauvaises langues. Single béton, très dansant, il est produit par Nate «Danjahandz» Hills, bras droit de Timbaland.
«Gimme More» s'est tout de suite positionné en tête des ventes aux Etats-Unis. Il faut ajouter à cela un clip dans lequel on voit la chanteuse, brune, danser très légèrement vêtue dans une boîte de strip-tease. En face d'elle, son alter ego, version blonde... Vêtue de cuir, de bas résille, affublée de tatouages sur les bras, Britney Spears se révèle sous un jour très... hot.
Comme on s'en doutait, l'album «Black-out» est à la hauteur du single. Démarrant sur les chapeaux de roue avec «Gimme More», il poursuit sa cadence infernale avec «Piece Of Me», l'un des très bons titres du disque. Bombe électrique, il présente l'un des textes les plus intimes de la chanteuse, où elle raconte son calvaire médiatique.
«Je suis mademoiselle rêve américain, depuis que j'ai 17 ans, peu importe si je suis sur scène, ou si je m'envole pour les Philippines, ils continuent de publier des photos de mon cul dans les magazines. Vous voulez un peu de moi? (bis) Je suis mademoiselle mauvais karma. A chaque jour un autre drame, je n'ai aucun mal à jouer mon rôle de mère, je suis mademoiselle riche et célèbre, mademoiselle oh mon Dieu!, mademoiselle trop grosse, puis trop maigre.» Sans rendre de comptes, Britney parvient à en faire un titre excellent, direct et efficace.
Bientôt le parfum De «Perfect Lover» à «Get Naked (I Got A Plan)», Britney Spears se fait chaude juste comme il faut, avec de petits halètements par-ci, des susurrements par-là. Et puis il y a ce titre, «Why Should I Be Sad», écrit, coproduit et chanté en choeur par Pharrell Williams - ex-Neptunes, responsable de «I'm A Slave 4 U» - qui pourrait déclencher des déhanchements érotiques en boîte de nuit.
Le reste de l'album? Calibré tube, à l'instar de «Piece Of Me», «Perfect Lover», «Toy Soldier» ou «Radar», soit de véritables bombes ultradansantes. Britney Spears n'a rien perdu de son sens du groove; sa voix colle à la perfection à ces titres puissants, parfaitement produits.
Jetée en pâture à la presse people, Britney Spears prouve avec «Blackout» qu'elle possède des ressources insoupçonnées. L'ancienne égérie des teenagers démontre ainsi qu'elle est tout à fait capable de livrer un excellent disque. Il ne lui reste plus qu'à retrouver la forme pour éblouir les spectateurs sur scène. A partir de là, elle sera enfin prise au sérieux. Et, si elle ne devait plus faire recette en musique - ce qui semble très peu probable -, elle pourra toujours s'appuyer sur la sortie d'un nouveau parfum chez Elizabeth Arden, au nom prédestiné: «Believe».
«Britney Spears, c'est devenu un produit trash»
Dans le dernier numéro du magazine français Technikart, Benoît Sabatier dit le plus grand bien du single «Gimme More» de la chanteuse. Rédacteur en chef adjoint et responsable musique du magazine, il s'en explique.
Depuis quand appréciez-vous Britney Spears?
Depuis toujours. Ses tubes très formatés n'étaient pas désagréables, mais, à partir du 3e album, quand elle a travaillé avec les Neptunes, c'est devenu très bien. J'adore «I'm A Slave 4 U» et même «Toxic».
Qu'avez-vous pensé du single «Gimme More»?
J'ai trouvé ce single vraiment bien. Il y a une bonne progression, une bonne production. J'adore les couplets, il y a un petit manque à gagner sur le refrain, ça pourrait être encore mieux. Je me suis dit que l'album allait être génial et, vu tout ce qui se passe un peu autour d'elle, j'ai l'impression que finalement ça pourrait être une bonne artiste.
Vous l'avez rencontrée?
Deux fois. La première, elle était sympathique et pas très intéressante. C'était dans sa période où elle disait que la virginité était importante, elle était encore sous influence chrétienne américaine. La deuxième, elle était très désagréable et antipathique. Mais on sait qu'elle avait complètement largué les amarres. Avant, Britney Spears était un produit jetable un peu dégoûtant, plein de bons sentiments et d'hypocrisie. Aujourd'hui, c'est devenu un produit assez trash. Le fait qu'elle pète plombs et que tout le monde lui tombe dessus la rend beaucoup plus attachante.
A-t-on besoin de personnes comme elle?
Très honnêtement, si Britney Spears n'existait pas, ça ne me dérangerait pas. Mais l'industrie se nourrit d'artistes comme ça. Et le fait que toute la bien-pensance du music business se mette à flipper parce qu'elle est devenue incontrôlable, moi, je trouve ça assez réjouissant.
voici le lien de l'article http://www.lematin.ch/pages/home/loisirs/musique_concerts/musique_concerts?contenu=313534 |